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MEMOIRE DES LIVRES

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ven. 5 oct. 2018

Rencontre Jean-Paul Michel/Pierre Bergounioux à La Machine à Lire à propos de la publication chez Verdier de leur correspondance 1981-2017.

Ils avaient fait le plein de leurs fidèles admirateurs, presque une confrérie heureuse de se retrouver ponctuellement autour de ce duo de corréziens,exilé pour l'un à Bordeaux,Jean-Paul Michel, agrégé de philo, discret mais magnifique poète, éditeur notamment d'Yves Bonnefoy , à l'enseigne de William Blake and Co, Pierre Bergounioux agrégé de lettres enseigna longtemps dans des collèges de la banlieue parisienne puis à l’École des Beaux Arts, auteur de nombreux ouvrages publiés chez Gallimard et Verdier, sculpteur. Cette correspondance, incomplète, illustre une amitié de plus d'un demi-siècle, inaugurée sur les bancs du lycée de Brive-la-Gaillarde -Gaillarde au début des années 60 en classe de philo. Deux jeunes gens qu'à priori tout sépare, Jean-Paul Michel déjà lecteur de Sartre et engagé dans sa propre mue quand Pierre Bergounioux est encore "un gueux", dans "cette petite patrie" où l'on parle encore l'occitan, une "parlure" qui ne donne aucun droit de cité dans le monde des idées. Jean-Paul Michel a 16 ans quand il édite le pamphlet de Mohammed Khaïr-Edine contre le roi du Maroc sur une vieille machine d'imprimerie, il tient tête au prof de philo, il a une tête d'"asiate" et des cheveux longs, Pour le jeune Bergounioux, Jean-Paul Michel introduisit une lecture chiasmatique du monde: la révélation d'un monde dont "ces excommuniés de la culture lettrée ne soupçonnaient rien" dit Pierre Bergounioux. L'écriture donc qui sera à l'un et à l'autre échappatoire, travail définitif d'élucidation. Cette correspondance poursuit, dans une écriture aussi belle que dans leurs ouvrages, ce dialogue, au gré des missives retrouvées, il en manque, croisant leurs regards sur leurs écrits, poursuivant à distance une discussion sans fin, leur dispute sur Hölderlin par exemple. "Parce que c'était lui, parce que c'était moi " disait Montaigne à propos de l'amitié qui l'unissait à La Boétie, une affirmation que ne retoqueront pas nos deux corréziens. En attendant, lisez leurs livres.

Jean-François Meekel

ven. 28 sept. 2018

Roman graphique:Gilets de sauvetage d'Allain Glykos et Antonin


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Après «Manolis», le nouveau roman graphique d'Allain Glykos et Antonin Dubuisson. Allain Glykos retourne sur les terres de son père pour trouver un peu de soleil au milieu de l'hiver et quitter Paris qui vient de subir les attentats en 2015. Or, dès qu'il arrive sur l'île de Chios, il assiste à une autre tragédie: l'arrivée massive de migrants. Il ne peut rester indifférent à la détresse de ses hommes et ses femmes qui ont fui la misère et les conflits en quête d'un accueil un peu plus chaleureux en Europe. Allant à leur rencontre pour les aider, il leur donne donc la parole, restitue leurs histoires qui sont autant d'échos à la trajectoire de son père, Manolis, qui a dû fuir sa terre, chassé par les Turcs lors de la Grande Catastrophe en 1922. Un témoignage empreint d'une grande humanité qui rend compte des prolongements et des rebondissements de l'Histoire.

lun. 27 août 2018

la fin de l'hospitalité

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jeu. 14 juin 2018

Harkis un passé qui ne passe pas de Katia Khémache

en savoir plus:

http://librairie-livresse.fr/les-harkis-une-histoire-francaise/

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jeu. 12 avr. 2018

Gérard Boulanger «Les secrets du procès Papon»

J’ai lu ce livre, le 7e de l’avocat bordelais, avec beaucoup de jubilation et un poil d’irritation.

voir la suite sur PDF boulanger_papon.pdf

RENCONTRES Marguerite DURAS

SITE INTERNET: https://www.margueriteduras.org/

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dim. 8 avr. 2018

CELLES QUI PARTENT POUR UNE TERRE LOINTAINE

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mar. 6 mar. 2018

"Errance en méditarranée"

voir le bulletin de souscription

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mar. 23 janv. 2018

l'Art de Perdre, Alice Zeniter

Dans son roman, l'Art de Perdre, Alice Zeniter nous brosse 70 ans de relations difficiles entre la France et l’Algérie à travers trois générations, sous la forme d'une enquête des origines menée par Naima, jeune femme moderne qui cherche ainsi une forme d'apaisement. Passionnant, éclairant !

pour lire la suite de l'article: téléchargez le Pdf:

L'art_de_perdre_Alice_Zeniter.pdf

lun. 25 déc. 2017

« Le vent t'emportera »

Un bon livre pour en finir avec les stéréotypes.

Le vent t’emportera - Olivier Fouchier. Ed. Complicités 08/2017 - 20 €

Nous sommes en 1955 avec Tchavolo, le tchibalo de la dolmuta de yaya Zéda, un clan rom, des lovari, ceux qui parlent à l’oreille des chevaux. Zéda est la grand-mère, drabarni, guérisseuse-herboriste, dépositaire de la mémoire du groupe. Tchavolo, le petit-fils est le médiateur, l’avocat du clan, celui qui sait lire et écrire et qui passa, à cause de cela, devant la kriss romani, le tribunal des tziganes pour trahison car il est totalement interdit aux roms de rentrer dans la culture des gadjé, les non roms. Mais au regard de ses hauts faits de résistance aux nazis, il échappa à l’exclusion et au bannissement.

 Car voici le vrai sujet de ce roman : le samudaripen, nom donné en romani au génocide des tsiganes par les nazis ; samudaripen signifiant littéralement : tuez-les tous. Entre 250 et 500 000 tsiganes sur les 700.000 qui vivaient en Europe ont été exterminé par les nazis. En France, ceux qui ont échappé à la déportation, 6000 ou 6500 selon les sources ont été enfermés dans des camps d’internement (1) créés par le régime de Vichy, les derniers ont été libérés en… mai 1946 ! Parmi les victimes de cette barbarie, les parents de Tchavolo et de quelques autres jeunes filles et jeunes gens du clan, Nonoque, Tcharenki, P’tit Nounou, Béba, la Tchouline qui ont fait avec Tchavolo le serment de se venger du gadjo mora, le salopard, responsable de la mort des leurs.

Débute alors un polar anthropologique passionnant, fort documenté qui nous promène d’Arles à Lyon en passant par Bordeaux L’auteur, bien que gadjo connait parfaitement son monde. Il fut longuement « conseiller social » sur une aire d’accueil des gens du voyage à Albi. Et visiblement il s’est pris d’amitié pour eux. Mishto !! (2) ||

J-F Meekel

1 : Le camp du Sablou sur la commune de Fanlac en Dordogne a « accueilli » dès janvier 40 des Tziganes assignés à résidence. En Gironde, ils ont « inauguré » le camp d’internement de Mérignac-Beaudésert qui a vu passer ensuite beaucoup de politique. Annexe du fort du Ha, Beaudésert le mal nommé fut aussi l’antichambre des exécutions au camp de Souge et des départs en convois vers l’Allemagne.

2 : mishto : super, formidable, chouette…un lexique d’une dizaine de pages occupe la fin du livre, passionnant.

Lire aussi : Olivier Fouchier, Un Gadjo parmi les Roms. A la tête de l'association toulousaine « Rencontr'rom nous » dévoué à la promotion de la culture rom, Olivier Fouchier lutte contre les stéréotypes qui colles aux basques des Tsiganes. Ancrage N° 63. Janvier 2018