Melle Lapeña, petite-fille d'un combattant républicain pourra-t-elle tenir la promesse faite à son père âgé de 93 ans ? La question reste posée. La promesse porte sur l'enterrement dans le caveau de famille de son grand-père, et de son grand oncle anciens combattants républicains tués durant la guerre d'Espagne. Les deux frères décédés sont enterrés dans la crypte de la basilique de la vallée de Los Caidos érigée à la gloire de Franco qui y fut inhumé. Une insulte à la mémoire de ceux qui ont combattu le dictateur, auteur du coup d'état renversant la République et à leurs familles qui réclament l'exhumation des corps de leur proches qui leur avait été volés. Les familles ont cru en leur victoire quand, en 2016, un juge de San Lorenzo del Escorial a donné raison à Melle Lapeña, la petite-fille d’un militant anarcho-syndicaliste de la Confédération nationale du travail (CNT), et a ordonné l’exhumation de son grand-père et de son grand-oncle. Las, la victoire fut de courte durée.

Santiago Cantera, le père bénédictin qui gère la basilique du Valle de los Caídos, a refusé d'exécuter le jugement. Il considère la basilique comme un « lieu de prière et de réconciliation » . Il s'est opposé à l'accès aux cryptes par les médecins légistes et refusé de se rendre à une convocation du sénat espagnol. Les sénateurs, à l'exception des socialistes, lui ont finalement rendu visite le 26 mars.

Le mausolée a été construit après la guerre civile par des prisonniers républicains près de l’Escorial, à 50 kilomètres de la capitale. la tombe du dictateur est entourée de cryptes qui renferment les ossements de près de 34 000 morts de la guerre civile. Des nationalistes, mais aussi des républicains, souvent déterrés des fosses communes sans l’accord de leur famille pour être entassés dans les murs de la sinistre basilique, censée célébrer la réconciliation. Plus de 12 000 d’entre eux n’ont pas de noms. Les autres sont identifiés et localisés dans les niches numérotées des columbariums, enterrés sous la croix de 130 mètres de haut, à la gloire de leur bourreau.