Dans le numéro 66 d’Ancrage nous avions consacré un article, dans le cadre d’un dossier sur les russes d’Aquitaine, à Ivan Nikitine dont nos apprenons aujourd’hui le décès.

Ivan Nikitine se définissait lui-même comme un pur gascon, dont il avait d’ailleurs l’accent, mais sans renier pour autant ses origines russes. Il était descendant des premiers immigrés blancs de la Révolution d’octobre de 1917… et des chauffeurs de taxis parisiens. Son grand-père maternel en faisait partie.

Tour à tour journaliste, professeur de russe au lycée Palissy d’Agen, poète et ami de René Char,

Ivan Nikitine était aussi un passeur de mémoire pour les russes de France et pour le centre Alexandre Soljenitsyne de Moscou qui recueille précisément leur histoire et entretient leur souvenir.

De Paris au départ, la famille s’était installée à Réaup en Lot-et-Garonne où Ivan avait vu le jour en 1947, et où il a été inhumé ce lundi.

Son père Paul y avait acquis une ferme et s’était tourné vers l’apiculture. Sa mère, elle, avait baigné ses deux fils de culture slave.

Ivan, après des études universitaires à Bordeaux, se destinait, comme son frère, au professorat de russe avant de donner à sa vie un tout autre tournant. Il ne vint à l’enseignement que peu de temps avant sa retraite.

Il était devenu un poète de talent publiant de nombreux ouvrages où il nous contait à la fois le Lot-et-Garonne qui l’avait accueilli et la Russie de ses origines. Il avait participé, en octobre dernier, à la fête de la lecture de Boé. En cette douloureuse circonstance, Ancrage adresse toute son amitié à sa famille .

Un poète est disparu. Mais ses œuvres , elles, sont immortelles.

J-L G.